29/11/2009

Petite étude sur les déclarations de candidature au Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris

Petite étude sur les déclarations de candidature au Conseil de l’Ordre du Barreau de Paris

Eric Sauray, docteur en droit public, élève-avocat EFB Paris (Promotion Jean-Denis Bredin)

Les 8 et 9 décembre 2009, les avocats du Barreau de Paris désigneront 14 nouveaux membres du Conseil de l’Ordre. Les élèves-avocats ne voteront pas, mais il n’est pas anormal qu’ils soient attentifs au profil des candidats, tant cela donne des informations précieuses à ceux qui se préparent à embrasser cette noble profession. Le numéro spécial de novembre 2009 du Bulletin du Barreau de Paris est relatif aux déclarations des candidats. Dans ce numéro, les 44 candidats se présentent, donnent un bref aperçu de leur curriculum vitae et font part de leurs motivations ainsi que de leurs engagements. Ainsi,  à la lecture des déclarations des candidats, il est possible de dresser un certain nombre de constats.

1er constat : la parité n’est pas encore la règle dans la communauté des candidats

Sur les 44 candidats, il y a 28 hommes et 16 femmes. Représenter les autres est un acte volontaire. Mais, en tant que défenseur de la parité, je pose une question osée : ne faudrait-il pas exiger la parité au sein du Conseil de l’Ordre afin que les femmes prennent toute la place qui est la leur dans l’organisation de la profession d’avocat à Paris et ailleurs ? Après tout, les études ne disent-elles pas que : « un avocat sur deux est une femme »[1] ? Pourquoi ne pas traduire cette réalité au sein du Conseil de l’Ordre ?

2ème : constat : Les candidats au Conseil de l’Ordre exercent majoritairement dans des quartiers riches de Paris

Trois candidats n’ont pas précisé leurs coordonnées géographiques. Les 41 autres ont leur domicile professionnel dans onze (11) arrondissements de Paris. La majorité des candidats ont leur domicile professionnel dans 3 arrondissements réputés être des quartiers riches de Paris. Pourquoi les avocats des quartiers dits populaires ne se présentent-ils pas aux élections du Conseil de l’Ordre ? Pourquoi ne s’investissent-ils pas dans un organe chargé de prendre des décisions qui engagent l’avenir de tous les avocats ?

Arrondissement

Nombre de candidats

Paris 8ème

13

Paris 16ème

9

Paris 17ème

7

Paris 9ème

3

Paris 1er

2

Paris 2ème

2

Paris 12ème

1

Paris 6ème

1

Paris 5ème

1

Paris 7ème

1

Paris 10ème

1

 

 

 

 

 

 

 

Tableau 1 : lieu de situation du domicile professionnel des candidats

3ème constat : les candidats veulent servir leurs confrères et faire évoluer la profession

En procédant  à un repérage des fréquences, on constate que le verbe « servir » revient à plusieurs reprises. Ainsi, j’ai pu relever que beaucoup de candidats s’engagent à servir leurs confrères, à servir pour favoriser l’exercice des jeunes avocats, à servir pour continuer à cultiver les valeurs déontologiques, à servir le conseil, à servir l’Ordre, à servir la profession, à mieux servir etc.

A la lecture des professions de foi, la profession d’avocat ressort comme étant en pleine mutation. Une mutation apparemment acceptée par les avocats parisiens à condition qu’elle se fasse dans les strictes limites des principes essentiels. Ainsi, l’autre grand engagement pris par les candidats porte sur l’évolution de la profession. Beaucoup de candidats s’engagent à tenir compte, des évolutions profondes en cours et réaffirment leur confiance dans la capacité de la profession à s’adapter. Dans tous les discours, on décèle de l’optimisme, de l’enthousiasme, du dévouement et un grand amour de la fonction.

Ainsi, on peut dire que malgré la crise, les avocats parisiens restent confiants dans l’avenir. Ils ne demandent pas à être protégés par des numerus clausus. Au contraire, ils veulent faire tomber des barrières et s’adapter aux impératifs de l’heure ! C’est rassurant pour les élèves-avocats car, quand les aînés sont optimistes cela veut dire que l’héritage est d’une grande valeur et que le devoir des héritiers est de se mobiliser pour le défendre et l’accroître !



[1] Avocats : faits et chiffres, une profession qui avance, Observatoire du Conseil National des Barreaux, 2008, p. 23.